Dès lors que nous nous résolvons à abandonner l’idée, si rassurante, de l’unicité de notre univers, dès lors qu'il y aurait pluralité d'univers, se pose la question du nombre. Combien d’univers ? Si les univers sont multiples, pourquoi seraient-ils seulement cent ou mille ? Ou seulement quelques millions ? Pourquoi pas un milliard, ou un milliard de milliards ? Et pourquoi pas davantage encore ? Et même, une limite s'impose-t-elle ? Pourquoi pas une infi-nité d’univers ? (…) 

Quelle justification trouverait-on pour une nouvelle limitation ? Toute limitation, qui imposerait un nombre fini d'univers, ne renverrait-elle pas au présent dilemme de l'unicité, ou non, de notre univers ?

Et si l’on parvenait à nous prouver que le multivers est fini, comment ne pas supposer l’existence possible d’un autre multivers ? D’une infinité de multivers ? 

A chaque fois que l'on sera tenté de limiter un ensemble d'univers, on pourra toujours concevoir d’en dépasser les limites : par-delà cet ensemble d'univers, il peut encore y avoir d'autres ensembles d'univers, et cela ad infinitum. (…) 

Plus l'on y songe, plus cela devient une évidence : si notre univers n'est pas unique, c'est le multivers. Si multivers il y a, c’est une infinité d’univers qui le constitue.

C'est ou l'unique, ou l'infini.

Pas de milieu...

(Multivers et réalité humaine, Louis Loujoz, § 9 – p. 34)

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As soon as we resolve to
abandon the reassuring idea of ​​the uniqueness of our universe, when there is
a plurality of universes, the question of number is raised. How many universes?
If the universes are multiple, why would they be only a hundred or a thousand?
Or only a few million? Why not a billion, or a billion of billions? And why not
even more? And even, is there a limit? Why not an infinite number of universes?
(...)
What justification would there be for a new limitation? Should not any
limitation, which would impose a finite number of universes, return to the
present dilemma of the uniqueness or otherwise of our universe?
And if we can prove to ourselves that the multiverse is finished, how can we
not suppose the possible existence of another multiverse? From an infinity of
multiverse?
Whenever one is tempted to limit a set of universes, one can always conceive of
going beyond the limits: beyond this set of universes, there may still be other
sets of universes, And that ad infinitum. (...)
The more one thinks of it, the more it becomes obvious: if our universe is not
unique, it is the multiverse. If multiverse there is, it is an infinity of
universes that constitutes it.