Si les univers sont en nombre infini, il ne peut qu’apparaître un nombre absolument faramineux d’univers variés, au-delà de toute imagination, chacun pouvant différer d'un autre à une infiniment petite variable près.

On pense aussitôt à l’œuvre majeure du philosophe américain David Lewis, exprimée dans son livre « On the Plurality of Worlds », (Oxford, Blackwell, 1986). Toutefois, ainsi qu’on le verra très prochainement, la similitude s’arrête ici. David Lewis envisage la pluralité des mondes principalement au regard de la logique (logique dite « modale »), qui l’amène à poser que rien n’autorise à affirmer de mondes hypothétiquement conçus différents du nôtre qu’ils sont moins réels que le nôtre (c’est le réalisme modal). En ce qui concerne Louis Loujoz, c’est une approche fondamentalement existentielle qu’il adopte, et qui va mener à des conclusions diamétralement opposées à celles de Lewis (par exemple, cf. §§ 31 & 82).

(…)

Non seulement rien ne fait obstacle à l’émergence de la multiplicité de tous les univers possibles, mais rien ne vient arrêter leur répétition infinie dans le temps, dans les « siècles des siècles », dans l’éternité. Une infinité d’univers qui se répète indéfiniment, en son effarante diversité, il faut s’y accoutumer.

La seule manière d'y faire obstacle c'est – c'était – Dieu. Puisque l’idée de l’existence de Dieu est loin d’avoir réussi à faire l’unanimité, alors voyons où nous mène celle de l‘infini, l'infini réel, celui qui nous inclut, qui nous forme, l'infini de ce qui, tout comme nous, est bien là, l'infini de l'existant, « incréé » puisque sans créateur.

(Multivers et réalité humaine, louis Loujoz, § 12, p. 39 )

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If universes are infinite in number, it must appear an enormous number of varied universes, beyond imagination, each of them may differ from another to an infinitely small variable.

It immediately makes one think of the major work of the American philosopher David Lewis, expressed in his book "On the Plurality of Worlds" (Oxford, Blackwell, 1986). However, as will be seen very soon, the similarity stops here. David Lewis considers the plurality of worlds chiefly in terms of logic (so-called "modal logic"), which leads him to assume that there is no reason to assume that worlds which would be hypothetically conceived as different from our world are less real than it (this is modal realism). As far as Louis Loujoz is concerned, it is a fundamentally existential approach which he adopts, and which leads  him to conclusions diametrically opposed to those of Lewis (for example, see §§ 31 & 82).(

...)Not only does nothing obstruct the emergence of the multiplicity of all possible universes, but nothing comes to stop their infinite repetition in time, in the ages of ages, in eternity. An infinity of universes which are repeated indefinitely, in its frightful diversity, it is necessary to become accustomed to it.The only way to stop it, is God.

Since the idea of ​​the existence of God is far from having achieved unanimity, then let us see where we are led to that one of the infinite, the real infinite,  infinite that includes us, forms us, infinite that is indeed there as we are, infinity of the existent, "uncreated" since without creator.